Vol. 3, No. 1, - Décembre 2017

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Chroniques

Récit de course

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Par Isabelle Desjardins-David, diplômée ÉTS

Lors de ma première chronique, je vous ai parlé de ce qui m’a amenée à courir et de mes projets de courses… Et bien, j’ai réalisé mon défi 2015, courir mon premier ultra marathon! Le 11 octobre 2015, j’ai complété le 55 km du Bromont Ultra.

D’office, l’organisation nous avait informés que le parcours serait de 56,85 km, avec un dénivelé positif de près de 2 350 mètres (il faut savoir que chaque 100 mètres de dénivelé positif équivaut à 1 km de course, donc ce parcours équivalait à une course sur route de 80 km). Donc, rigueur et persévérance était requises pour ma préparation! J’ai dû procéder à de nombreux ajustements : entraînement physique, plus de 2 700 km, et alimentation. Côté mental, l’objectif de performance est mis de côté, seulement le respect des « cut-off ». J’ai demandé la collaboration de mes amis dans la rédaction de mots d’encouragement. La réponse m’a étonnée, j’ai reçu une quarantaine de messages!

La course

Réveil à 6:00, petit déjeuner léger et j’enfile mes vêtements soigneusement préparés la veille. Sur place, je suis dans un état second; j’entends les consignes d’avant-course… Impossible de me concentrer. Le seul élément qui retient mon attention (heureusement…) est que « je dois suivre les drapeaux roses, si je n’en vois plus au bout d’une centaine de mètres, mieux vaut rebrousser chemin ».

7:30, l’heure du départ sonne! Six stations d’aide parsèment le parcours. En arrivant à la première, je me rends compte que j’ai perdu un gel énergétique. C’est un signe : mon système digestif ne les apprécie pas particulièrement. Puis, j’amorce la montée du lieutenant Dan. Une corde est en place pour nous aider. Je trouve cette montée vraiment facile : ma fille a souvent fait l’objet d’un contrepoids assez important en randonnée. Suit une descente vertigineuse. Je vole littéralement, mais je manque une indication… Plus de drapeau rose en vue! Je rebrousse donc chemin et c’est reparti!

J’arrive à la station #2. Déjà 18 km de fait, et les trois grosses montées du parcours sont derrière moi! Petit « trip de bouffe », des patates bouillies enrobées de sel trempées dans un pouding au chocolat!

Le trajet se poursuit jusqu’à la station #3. Je gagne de la vitesse, les paysages sont magnifiques et la température idéale! Je croise alors Frédéric avec qui je franchirai la partie plus monotone du parcours.

Avec ma fille, station #3, km 25

Avec ma fille, station #3, km 25

En arrivant à la station #4, 35 km déjà de fait, j’en profite pour changer de bas. J’ai l’impression d’avoir de nouveaux pieds! Je passe à la toilette, souvenir d’un commentaire laissé sur un blogue de course…

J’atteins la station #5, le premier « cut-off », avec deux heures d’avance! Je ne m’y attarde pas.

Dernière station (#6), je me sens énergétique, sereine et euphorique à la fois! J’y enfile trois verres de Coke! Puis, un verre d’eau devient essentiel pour m’enlever cette sensation désagréable sur les dents… J’ai atteint un nouveau record de distance! Mon corps et ma tête répondent beaucoup mieux que je l’aurais imaginé.

 

Il me reste moins de 7 kilomètres, qui débutent par une montée abrupte sur une piste de ski. Je dépasse un premier coureur, puis d’autres. Je comprends mal. Ces gars sont en super forme et je passe à côté d’eux avec une aisance que je ne me connaissais pas! J’échange quelques encouragements et poursuis ma route. Avec le peu de dénivelés de la fin, mes jambes acceptent de courir! Joanie finit la course avec moi. Je reçois ma médaille. J’ai réussi!

Ayant conservé un sourire tout au long de la journée, j’ai complété 57,43 km en 8 h 15! Je termine en 47e position, et 7e femme, parmi les 103 coureurs qui ont complété l’épreuve. Pour une première expérience d’Ultra-trail, je suis pleinement satisfaite. Je rêve déjà au prochain…

Pour les adeptes de Strava : BromontUltra

À venir dans ma prochaine chronique

Les montres GPS, les capteurs cardiaques et les applications de course. Tout pour avoir l’heure juste!