Vol. 3, No. 1, - Décembre 2017

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Chroniques

Paroles de diplômé

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Donnons-nous de l'espace

Par Jean-François Thibault, diplômé ÉTS

Jean-François Thibault, diplômé ÉTS

Jean-François Thibault, diplômé ÉTS

 

 

 

 

 

 

 

Le thème du présent numéro du Trait de génie « L’échec du modèle québécois… Vraiment? » fournit un moment idéal pour aborder un sujet satellite, soit le sentiment populaire d’insatisfaction à l’endroit du modèle québécois, un sentiment qui existe bel et bien.

Perceptible depuis le début des années 2000, marqué notamment par la montée de l’Action démocratique du Québec (ADQ) et le Manifeste pour un Québec lucide, ce modèle est souvent assimilé à de l’antiétatisme; à du « néolibéralisme », comme le disent certains. Pourtant, ce raccourci ne tient pas la route. La population québécoise croit en l’action de son appareil étatique, notamment afin de préserver le filet social qui caractérise le Québec depuis longtemps, même avant la révolution tranquille. La solidarité sociale envers les plus démunis et les personnes vulnérables est une valeur fondamentale enracinée dans l’histoire québécoise. La question n’est pas là. Ce dont une partie de la population est lasse, c’est d’un modèle québécois où l’État prend plus de place qu’il ne devrait et qui va parfois à l’encontre du bon sens.

Dérapage en éducation

Prenons, par exemple, le cas de la réforme scolaire défendue par bon nombre de bureaucrates du ministère de l’Éducation, mais décriée par plusieurs professeurs et parents depuis des années. Ces critiques ne sont pas sans fondement, car cette réforme empêche des parents de participer à l’éducation de leurs enfants comme ils le souhaiteraient (nous avons tous une anecdote d’un membre de notre famille qui, à un moment donné, n’a pas pu aider son enfant à faire ses devoirs, car les méthodes d’apprentissage avaient trop changé). Il est d’ailleurs à souligner que cette situation nuit davantage aux enfants venant des milieux défavorisés, ceux-là même, pourtant, que nous devrions aider le plus.

C’est contre cette situation que certains en ont, c’est-à-dire un État interventionniste qui croit savoir, mieux que les gens eux-mêmes, ce qui est bon pour eux et pour leurs enfants; un État qui met de l’avant des politiques publiques basées sur des idées soi-disant progressistes, mais qui en pratique, vont à l’encontre du bon sens.

Remettre en question le modèle québécois

Dans ces circonstances, il est tout à fait compréhensible qu’il y ait, au Québec, un souhait que l’État se garde une petite gêne quand vient le temps de mettre en place des politiques publiques bien intentionnées, mais qui ne livrent pas la marchandise; un souhait pour que les citoyens et citoyennes du Québec puissent bénéficier d’une plus grande marge de manœuvre pour influer sur leur destinée et celle de leurs proches, notamment sur le plan économique.

Bref, sans vouloir dire que l’État québécois doit être aboli (car il a un rôle certain à jouer en matière de sécurité, de justice, de solidarité sociale et d’arbitrage du libre marché), s’interdire de remettre en question le modèle québécois consiste en un rejet du réel qu’il ne faut pas manquer de critiquer.

Les Québécois et Québécoises sont capables d’assumer une plus grande liberté d’action. Donnons-nous de l’espace. Revoyons le rôle de l’État québécois.