Vol. 3, No. 1, - Décembre 2017

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Portraits

La prémisse de base demeure toujours la même : la sécurité des usagers de la route et des travailleurs.

Olivier Patry, l’ingénieur zen

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Tête à tête

Par Brigitte Boucher, rédactrice en chef

Il arrive à mon bureau les yeux rougis par le manque de sommeil. Nouveau papa d’un adorable petit garçon, les nuits écourtées sont maintenant chose courante chez lui. Il s’assied, accepte volontiers un bon café, puis il sourit. Un sourire franc et chaleureux. Olivier Patry n’est pas de ceux qui s’apitoient sur leur sort. Le président du conseil d’administration, élu en octobre dernier, à bien mieux à faire.

« Je ne suis pas le genre de gars qui se fâche facilement. Je peux chialer, mais je ne panique pas. Je reste la tête froide pour essayer de trouver des solutions », dit-il avec calme. Bien pratique à 2 h du matin avec un poupon qui hurle, cette philosophie de vie lui est également utile au travail. En tant qu’ingénieur circulation – service opérations et entretien chez Les Ponts Jacques Cartier et Champlain Incorporée, M. Patry doit travailler avec plusieurs groupes de professionnels et s’intégrer dans leur contexte, leurs problématiques, notamment au niveau de la coordination de travaux et la collaboration avec les partenaires. « C’est ça que j’aime, travailler en équipe, avec toute sorte de monde pour que les contraintes qu’on impose soient bien comprises et acceptées. En fait, on tourne autour de toutes les disciplines et elles tournent toutes autour de nous. Mais la prémisse de base demeure toujours la même : la sécurité des usagers de la route et des travailleurs. »

Pour Olivier Patry, les jours se suivent, mais ne se ressemblent pas. Ingéniosité et polyvalence sont au cœur de son quotidien. Fait relativement étonnant pour un professionnel du génie, il doit aussi régulièrement faire appel à des notions de psychologie. « Je dois être capable de me mettre dans la peau de l’usager de la route ou du travailleur, et envisager toutes les avenues possibles de même que tous les impacts que ça peut avoir », affirme-t-il. Est-ce à dire que l’instinct fait également partie des qualités recherchées dans son domaine? « J’imagine, un peu quand même », dit-il avec un sourire en coin. « À tout le moins, ça prend beaucoup de jugement! »

Peu importe les défis à relever, M. Patry répond à l’appel. Malgré son tempérament plutôt réservé, plusieurs le perçoivent comme un leader naturel. Diplômé au baccalauréat en génie électrique en 2007, il a certes vécu des moments de découragement après ses études. En pleine crise économique, les emplois se faisaient rares et M. Patry avait l’impression que personne ne voulait lui donner sa chance. C’est durant cette période de remise en question qu’il commence à s’impliquer au Réseau ÉTS en tant qu’administrateur, pour élargir ses connaissances et rencontrer de nouvelles personnes. Comme quoi l’immobilisme n’a pas sa place chez ce grand joueur d’équipe, qui gravit les échelons un à un.

C’est probablement ce grand besoin de sociabiliser qui a amené M. Patry à faire le saut du génie électrique vers le génie civil. Lorsqu’enfin une offre d’emploi s’est présentée à lui, chez Signalisation Montréal, il a saisi l’opportunité. Par chance, constatant la volonté d’apprendre de sa recrue, le propriétaire a pris M. Patry sous son aile et lui a enseigné tout ce qu’il savait. Trois années se sont ainsi écoulées, souvent difficiles, mais toujours bénéfiques, où M. Patry a acquis le bagage de connaissances nécessaires pour bien faire son travail. Aujourd’hui, après un passage aussi formateur chez SNC-Lavalin, il est considéré comme une étoile montante dans son domaine d’expertise. « Mon travail ne s’enseigne pas sur les bancs d’école, dit-il, ça s’apprend par expérience, sur le tas. » Il prend une petite pause, l’air songeur, et poursuit : « je me donne toujours beaucoup pour mon employeur. Toute ma vie, j’ai vu mon père, qui est un entrepreneur, travailler de façon acharnée. L’engagement et l’implication sont donc des choses toutes naturelles pour moi ».

De façon un peu effrontée, je lui dis que s’il peut s’impliquer autant, c’est sûrement grâce au soutien de son entourage, particulièrement de sa conjointe… « Absolument! », rétorque-t-il sans attendre. « C’est sûr qu’avec une jeune famille, ce n’est pas toujours évident. Mais entre nous, il y a une fierté inconditionnelle et réciproque, on se parle, on se comprend et on se soutient. »

Une famille aimante, une carrière florissante, y a-t-il quelque chose à l’épreuve d’Olivier Patry? « Je pense avoir eu de la chance, c’est vrai, mais j’ai aussi su créer mes propres opportunités lorsque celles-ci n’étaient pas au rendez-vous. Maintenant, je me concentre sur mon emploi, mon mandat à la présidence du Réseau ÉTS et bien entendu, le bonheur de ma conjointe et mon garçon. » Et après, que retrouvera-t-on à l’agenda de M. Patry? « Chaque chose en son temps », dit-il avec assurance. « Je souhaite continuer à me développer, peut-être poursuivre des études supérieures… J’aimerais être reconnu dans mon domaine. Avec toutes les retraites à venir au cours des prochaines années, il y aura beaucoup de postes à combler et d’opportunités pour se démarquer. Je souhaite que les entreprises misent sur la transmission des connaissances non seulement pour assurer l’essor du génie québécois, mais aussi pour que chacun puisse prendre la place qui lui revient. » Olivier Patry a une grande confiance en l’avenir et en l’écoutant, on ne peut qu’y croire nous aussi.