Vol. 3, No. 1, - Décembre 2017

Menu Le magazine électronique du Réseau ÉTS,
l'association des diplômés de l'École de technologie supérieure
Actualité

L’entrepreneuriat est-il un remède?

 0

Par Mario Bouffard, diplômé ÉTS et membre du comité éditorial

Pour retrouver la santé économique du Québec le remède réside-t-il dans l’entrepreneuriat? En ces temps d’austérité qui frappe l’ensemble des acteurs économiques de la province, l’entrepreneuriat technologique demeure un secteur au cœur de l’économie du savoir, capable de créer de la richesse et des emplois de haut niveau.

Voici ce que nous révélait M. Pierre Dumouchel, directeur général de l’École de technologie supérieure, lors d’un entretien le 21 juillet dernier.

M. Dumouchel – J’ai un intérêt marqué pour ce qui touche la technologie et l’innovation, qui sont des vecteurs importants de l’économie du savoir. C’est dans la mission de l’ÉTS de répondre aux besoins grandissants du Québec et d’utiliser toute l’expertise et le savoir-faire que nous avons développés, particulièrement au niveau de l’entrepreneuriat et la création de nouvelles entreprises.

Nous pouvons déjà identifier des opportunités pour la création d’entreprises technologiques qui prendront en charge ces besoins par le développement de nouvelles niches. Notre souhait est d’augmenter significativement le nombre de nouvelles entreprises technologiques au Québec.

Trait de génie – Dans un contexte économique difficile, croyez-vous que l’entrepreneuriat peut contribuer à sortir le Québec du marasme?

M. Dumouchel – Oui, tout à fait! Ce sont les entreprises technologiques qui génèrent les bénéfices socio-économiques les plus élevés. C’est d’ailleurs ce qu’a démontré en 2013 la Nanyang Technological University (NTU) de Singapour en générant le plus de revenus au monde dans les secteurs de l’innovation et du transfert technologique avec l’industrie. La NTU a aussi son centre d’entrepreneuriat, le Nayang Technopreneurship, dont la mission consiste à enseigner l’entrepreneuriat[i].

Le même phénomène s’observe ici puisque l’entrepreneuriat technologique est définitivement un des vecteurs importants de la création d’emplois et de richesse pour le Québec. Nous travaillons très fort pour créer de nouvelles entreprises et encourager le plus grand nombre d’individus à devenir entrepreneurs. Ces initiatives nous permettront de nous positionner encore plus favorablement dans le créneau de l’économie du savoir.

Selon M. Dumouchel, les avantages de l’entrepreneuriat pour stimuler l’économie ne sont plus à prouver, particulièrement dans le domaine technologique. À preuve, le 23 juin dernier, un article publié sur le site Prospérité Québec[ii] révélait que la grande majorité des Québécois perçoivent la création d’entreprises comme un facteur important de prospérité et de développement économique régional. En effet, lorsqu’on a questionné le grand public à savoir « Comment qualifiez-vous l’importance de l’entrepreneuriat pour le développement économique et la prospérité de votre localité ou région? », 94,1 % des répondants ont exprimé un avis favorable ou très favorable quant au rôle de l’entrepreneuriat pour le développement local.

Trait de génie – Selon vous, quels rôles peuvent jouer les diplômés de l’ÉTS dans la croissance de l’entrepreneuriat technologique?

M. Dumouchel – Le rôle des diplômés est celui de mentor : ils doivent agir en tant que modèle pour les futurs entrepreneurs. Devenir entrepreneur, c’est possible et bien plus simple qu’on le croit souvent. Il faut démocratiser l’entrepreneuriat pour favoriser davantage l’accès aux étudiants et aux diplômés à de nouveaux créneaux encore inexploités, notamment par la création d’événements permettant d’échanger et d’établir un réseau de contacts avec des entrepreneurs actuels. D’ailleurs, selon Richard Chénier, directeur du Bureau de l’entrepreneuriat et de l’innovation à l’ÉTS, il s’agit d’excellentes façons de démocratiser l’entrepreneuriat.

Trait de génie – Quels sont les plus grands mythes entretenus envers l’entrepreneuriat?

M. Dumouchel – On croit souvent que l’entrepreneuriat est réservé à une élite, qu’il est normal qu’un entrepreneur fasse faillite trois ou quatre fois avant de réussir et qu’il travaille si fort, qu’il n’a plus de temps pour sa famille, ses amis ou les loisirs. À mon avis, ce sont les trois principaux mythes sur lesquels nous devons agir. Ces mythes sont d’ailleurs largement abordés lors de nos formations en entrepreneuriat.

Trait de génie – Quel est le conseil le plus important à donner à un diplômé souhaitant démarrer son entreprise technologique?

M. Dumouchel – Je pense qu’il faut s’allier d’un ou plusieurs partenaires avec des expertises complémentaires aux nôtres. Il faut aussi trouver sa niche et suivre un mentor à l’intérieur de cette niche. On peut également s’inspirer des meilleurs, de leurs pratiques, pour se positionner comme un leader et maintenir le cap.

En somme, croire en son projet et s’allier des bonnes personnes semblent représenter la clé du succès pour un entrepreneur. L’importance de l’économie du savoir au Québec semble faire consensus et les initiatives entrepreneuriales sont généralement bien reçues au sein de la collectivité.

Ainsi, pour retrouver la santé économique du Québec, l’entrepreneuriat n’est certes par le seul remède, mais il demeure un incontournable pour la création de richesse.

[i]      « Partenariat avec la Nanyang Technological University », ÉTS @ 360°. Volume 11, No 1 (Été 2015), page 5.

[ii]     MARCHAND, Rina. « Entrepreneuriat et prospérité, une équation évidente? », Conseil du Patronat du Québec, blogue Prospérité Québec [en ligne]. https://www.cpq.qc.ca/prosperitequebec/entrepreneuriat-prosperite [page consultée le 10 août 2015].