Vol. 3, No. 1, - Décembre 2017

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Les professionnels du génie devraient avoir du pain sur la planche pour les années à venir. Au Québec ou ailleurs, ils seront appelés à se former, s’adapter et innover, ou à disparaître.

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Les professionnels du génie devraient avoir du pain sur la planche pour les années à venir. Au Québec ou ailleurs, ils seront appelés à se former, s’adapter et innover, ou à disparaître.

Et au travail, ça va?

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Par Maxime Courchesne, Avenue 8

Comment se porte le domaine de l’ingénierie au Québec? Que réserve l’avenir pour nos ingénieurs sur le marché du travail et pour la relève? Ce sont là des questions souvent entendues, qui préoccupent particulièrement les étudiants et finissants en génie à travers la province. Réflexion tout à fait pertinente s’il en est une. Bien que personne ne puisse prédire l’avenir avec certitude, ceux qui œuvrent dans l’industrie et vivent la réalité de l’ingénierie prédisent un brillant avenir pour les ingénieurs québécois.

Des changements à prévoir

En cette période économique difficile, les ingénieurs, comme tous les professionnels d’ailleurs, remarquent que de nouveaux défis se dressent devant eux. « La période d’austérité pousse la population à privilégier le prix et non la qualité, et le domaine de l’ingénierie n’y échappe pas », mentionne Claude Poulin, associé chez CIMA+ et diplômé ÉTS en génie de la construction 1998.

Malgré ce récent ralentissement et cette phase difficile à traverser, les ingénieurs affirment majoritairement que la profession devrait connaître un regain notable au cours des prochaines années. Selon Patrice Lévesque, président de sa propre firme de génie-conseil, Novamech, et diplômé ÉTS en génie mécanique 1989, c’est la valeur du titre d’ingénieur qui sera au cœur de cette recrudescence : « les gens prennent conscience de la valeur de notre travail. Ils savent qu’ils doivent nous appeler. Les gens se rendent progressivement compte qu’il vaut mieux payer peut-être un peu plus cher, mais obtenir le bon service du premier coup ».

Attention toutefois de ne pas se lancer dans le positivisme aveugle. En effet, la mouvance de l’expertise et son développement également faire consensus en termes d’éléments clés pour assurer un avenir prometteur aux professionnels du génie. Simon Desrosiers, gestionnaire de produits chez TELUS Santé et diplômé ÉTS en génie des opérations et de la logistique 2009, parle de la valeur ajoutée à sa profession, mais également du rôle de l’ingénieur qui change et s’adapte aux nouvelles réalités : « l’ingénieur est impliqué de plus en plus dans la réflexion et la direction des organisations. On devient des gestionnaires et cela arrive plus tôt que tard dans notre carrière. Ce qu’on réalise maintenant, c’est que l’ingénieur doit sortir de son rôle de conception et s’impliquer dans la stratégie et la gestion des projets ».

La place aux jeunes

Bien que la profession reprenne tranquillement de la vigueur sur les marchés québécois et internationaux, l’on peut se demander quelle place sera accordée à la relève et aux jeunes ingénieurs. Selon Patrice Lévesque, un rôle de premier plan les attend : « probablement le meilleur » avoue-t-il. « Les diplômés et futurs diplômés de l’ÉTS auront un rôle prépondérant à jouer, principalement grâce à leurs compétences techniques et leur formation complète », ajoute Simon Desrosiers.

De plus, les professionnels plus aguerris conviennent que l’apport des jeunes ingénieurs permettra de redonner force et énergie à la profession. « Les jeunes auront à occuper une place de choix en ce qui concerne l’innovation. Ils amèneront certainement le sang neuf dont nous avons grand besoin », explique Claude Poulin. Qui plus est, selon Beaudoin Bergeron, président de RHR Expert et responsable du Réseau Génie Carrières, l’avenir des nouveaux diplômés et des jeunes ingénieurs est assuré par les nombreuses retraites à venir : « il y aura énormément de départs à la retraite. Les jeunes et intermédiaires seront très en demande. » La relève subira néanmoins d’importantes mutations quant aux rôles et responsabilités à assumer de la part des professionnels du génie.

Des erreurs à éviter

Même si l’on dresse un portrait encourageant de l’avenir, les professionnels interrogés nous mettent en garde : bien que l’avenir de l’ingénierie au Québec semble bien vert, il y aura tout de même d’imposants défis à relever. En effet, la qualité de la formation offerte aux ingénieurs est généralement reconnue comme étant l’une des principales forces du génie québécois. Cependant, ce serait une erreur de croire que la recette ne peut être améliorée. Comme le dit Martin McNicoll, président de ERP Guru et diplômé ÉTS en génie de la production automatisée 1993 : « la formation continue est primordiale dans notre profession, peut-être plus encore que dans bien des domaines ». Le génie québécois devrait donc constamment chercher à s’améliorer, tant au niveau des pratiques que de l’enseignement.

Comment se préparer au marché du travail

Ainsi, une formation à la fine pointe, tant au niveau des technologies, des marchés que des tendances, combinée à une expérience pertinente, constituent les principaux atouts des finissants d’aujourd’hui. Les ingénieurs d’expérience mentionnent également d’autres aspects susceptibles de jouer en la faveur des jeunes diplômés. « Soyez à l’écoute, à l’affût des nouvelles expériences et n’ayez pas peur de tenter des choses », nous dit Simon Desrosiers. Martin McNicoll parle, quant à lui, d’aller au-delà des connaissances techniques et de parfaire continuellement son apprentissage.

En somme, les professionnels du génie devraient avoir du pain sur la planche pour les années à venir. Au Québec ou ailleurs, ils seront appelés à se former, s’adapter et innover, ou à disparaître. Mais n’est-ce pas le défi de tous, peu importe notre profession?