Vol. 2, No. 2, - Décembre 2016

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Portraits

Ce qui pousse Hassan à aller toujours plus loin est simplement le besoin d’avoir de l’impact et d’ajouter de la valeur à tout ce qu’il touche.

Hassan el Bouhali, un diplômé d’exception

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Ambassadeur Émérite ÉTS 2016

Par Brigitte Boucher, ÉTS

Depuis la nomination du premier diplômé émérite, en 2006, seules six personnes ont été choisies pour recevoir ce titre honorifique. Hassan el Bouhali est le dernier en lice. Diplômé au baccalauréat en génie des opérations et de la logistique en 1998, M. el Bouhali est aujourd’hui vice-président systèmes d’information (CIO) chez Bombardier Produits récréatifs.

Hassan el Bouhali, Ambassadeur Émérite ÉTS 2016, en compagnie de son épouse, Soraya Lahla

 

 

 

 

 

 

 

 

Hassan el Bouhali, Ambassadeur Émérite ÉTS 2016, en compagnie de son épouse, Soraya Lahla

Plusieurs facteurs font en sorte qu’Hassan el Bouhali est un diplômé d’exception. Ses accomplissements professionnels, bien sûr, trônent en tête : il a notamment contribué au succès de la fusion entre Alcan et Rio Tinto. Nous y reviendrons. Ce qui pousse Hassan à aller toujours plus loin ne se trouve pas dans les ambitions professionnelles : c’est simplement le besoin d’avoir de l’impact et d’ajouter de la valeur à tout ce qu’il touche.

Leader né, Hassan aime porter une vision, une mission et montrer la voie, ou l’étoile du Nord, comme il le dit si bien. Pour lui, il est important de s’entourer de ressources de qualité, de créer un environnement de travail agréable, et une fois que le chemin a été tracé, de laisser les gens travailler. La micro gestion, très peu pour lui! Il souhaite inspirer ses équipes à se dépasser par l’exemple, mais aussi par la confiance qu’il leur démontre. Bien qu’Hassan n’exerce pas, pour le moment, de mentorat dans sa forme traditionnelle, il considère qu’en donnant des responsabilités aux gens et en les laissant prendre des initiatives, on arrive aux mêmes résultats positifs. Il est important pour Hassan d’être disponible pour son équipe et de les encourager à aller plus loin, comme d’autres l’ont fait pour lui. Il considère d’ailleurs ce soutien comme étant inestimable, particulièrement en début de carrière.

De son propre aveu, Hassan n’aime pas particulièrement les sciences : ce sont les gens et le travail d’équipe qu’il préfère. Alors, pourquoi avoir choisi le génie? Parce que c’est un domaine intéressant et stimulant intellectuellement, et pour un passionné comme Hassan, le génie mène à tout. Pour lui, les études à l’ÉTS ont été un choix rationnel toutefois, basé sur la recommandation d’amis et la présence de stages rémunérés. D’ailleurs, Hassan conserve un très bon souvenir de ses études universitaires : « Ça a été quatre années de plaisir! », dit-il avec un large sourire.

La notion de plaisir demeure très présente dans la vie d’Hassan et il le considère comme un élément primordial au travail. Il a passé douze années chez Alcan, et c’est d’ailleurs l’une des premières choses qui lui vient à l’esprit en repensant à ses anciennes fonctions. Viennent ensuite les extraordinaires défis auxquels il a été confronté, avec l’acquisition de Rio Tinto et l’intégration qui en a suivi. Au-delà du management, c’est l’aspect culturel qui a le plus marqué Hassan dans toute cette aventure. « Chaque corporation a une culture propre, sans égard à son pays d’origine, elle a une histoire et une personnalité. Même si elles poursuivent les mêmes objectifs financiers, deux entreprises qui fusionnent, c’est nécessairement deux ADN différents, et cela crée un conflit culturel. Gérer ce conflit culturel est le plus grand challenge d’une fusion-acquisition. ». De beaux défis, donc, qu’il a su relever avec brio.

Chez BRP, son employeur actuel, les choses sont bien différentes. Alors qu’Alcan était une entreprise mature avec des processus globaux bien établis, BRP est, quand a elle, une entreprise en pleine expansion avec les meilleurs produits et les meilleures marques de son industrie mais ou beaucoup reste à bâtir. Selon Hassan, c’est difficile et parfois frustrant, mais oh combien stimulant!

Pour un ingénieur en production automatisée, Hassan parle bien peu de technologie. La raison est simple : pour lui, ce n’est pas une fin en soi. « Les hommes créent des outils pour forger le monde qui les entoure, et au final, ce sont ces mêmes outils qui finissent par forger les hommes. », dit-il. La technologie nous mène quelque part, bien souvent là où l’on n’avait pas prévu. Il faut donc conserver un esprit critique. D’autant plus que, selon Hassan, l’innovation technologique n’est plus linéaire, elle est exponentielle. Il nous faut donc faire preuve de prudence, parce qu’en tant qu’être humain, il nous est impossible de tout assimiler. Aux dires de Hassan, il faudrait créer des guides qui mettent l’Homme au centre, en priorité, pour éviter les débordements, les abus technologiques ou l’hyperconsommation technologique. « L’argent et le temps qu’on investit en technologie, on ne les investit pas ailleurs… », dit Hassan. Il s’agit certainement d’une pensée à contre-courant dans un monde où l’innovation technologique est tellement à la mode que seuls ces deux petits mots suffisent souvent à créer tout un buzz.

Hassan cherche l’équilibre. Basé à Valcourt durant la semaine, il revient à Montréal tous les week-ends. Sa famille et sa ville sont ses points d’ancrage. Fils d’immigrants, et ayant lui-même beaucoup voyagé, il n’y a qu’à Montréal où il se sent chez lui. Ses origines contribuent certainement à la fierté qu’il éprouve à l’égard de son titre d’Ambassadeur Émérite, puisque peu d’Ambassadeurs ÉTS ayant un nom à consonance étrangère ont été nommés à ce jour. À son avis, il faut encourager les jeunes de tous les horizons à poursuivre la tradition d’excellence qui nous caractérise. Tout est possible!