Vol. 2, No. 2, - Décembre 2016

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Portraits

Aujourd’hui à la tête d’une chaire industrielle, Jérémie est encore et toujours motivé par la question « Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider concrètement? ».

Jérémie Voix, un chercheur au service de la société

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Ambassadeur Recherche et Innovation ÉTS 2016

Par Brigitte Boucher, ÉTS

« Demandez à n’importe qui, dans la rue, si on devait choisir entre devenir sourd ou aveugle, les gens privilégient d’instinct la vue. » Quel horrible dilemme, direz-vous. Jérémie Voix utilise sans gêne cette image pour sensibiliser ses interlocuteurs envers sa passion : l’ouïe, ce sens largement sous-estimé. Selon Jérémie, c’est l’ouïe qui permet le vrai contact entre les humains. « Sans l’ouïe, nous sommes complètement isolés, coupés des autres », dit-il.

L’ouïe n’est pourtant pas un sens très à la mode. Qui plus est, l’audition est maltraitée, partout dans le monde. « Le taux de surdité professionnel ne fait qu’augmenter et les problèmes auditifs chez les jeunes sont sur le point de devenir un vrai fléau », avertit-il. Jérémie se consacre donc à la recherche fondamentale et appliquée, de même qu’au développement de nouveaux produits plus respectueux de l’oreille.

Professeur agrégé, titulaire de la Chaire de recherche industrielle en technologie intra-auriculaire EERS-CRSNG à l’École de technologie supérieure, Jérémie Voix est diplômé de l’ÉTS au doctorat en génie 2006. Il a été nommé Ambassadeur Recherche et innovation 2016, et il est le premier professeur de l’ÉTS à recevoir cet honneur.

L’acoustique, pour Jérémie, est une vocation découverte à l’âge de 15 ans, lorsqu’il a joint un club qui concevait des systèmes de son. Du moment où il a fait le lien entre la technologie et l’humain, il s’est épris de cette science. D’ailleurs, quand Jérémie avait 16 ans, son grand-père lui a demandé s’il pouvait concevoir une prothèse auditive pour l’un de ses amis. Toujours prêt à relever des défis, Jérémie a alors conçu un appareil à l’aide d’un système électronique contenu à l’intérieur d’une boîte de cigares… En bons gentlemen, ni son grand-père ni l’ami en question n’ont critiqué son travail, un souvenir qui le fait toujours sourire. On était loin de la solution développée dans le cadre des travaux de son doctorat, qui allait changer la donne pour protéger les travailleurs à risque et dont le brevet a été acheté par la société 3M en 2010.

En plus d’avoir un impact positif et concret dans la vie des gens, l’acoustique, cette science multidisciplinaire, permet à Jérémie de faire des rencontres marquantes, de gérer des équipes extraordinaires et d’être constamment mis au défi. Aujourd’hui à la tête d’une chaire industrielle, c’est-à-dire une chaire de recherche financée par un partenaire industriel qui commercialise les solutions développées, Jérémie est encore et toujours motivé par la question « Qu’est-ce qu’on peut faire pour aider concrètement? ».

Pour Jérémie, la notion de service public est primordiale à l’intérieur de son travail. Il est important pour lui de redonner et avec l’ÉTS, il a l’impression d’avoir trouvé une institution qui le reconnaît en tant qu’individu et le valorise. Bien qu’il soit diplômé de trois universités différentes, l’ÉTS demeure l’institution à laquelle il s’identifie. D’ailleurs, durant ses études doctorales, il a été le tout premier représentant des cycles supérieurs à l’association étudiante. Pour lui, il était normal (et primordial!) de s’impliquer, ce qu’il n’a jamais cessé de faire.

Parmi les réalisations dont Jérémie est le plus fier, on compte bien entendu le système développé durant son doctorat, mais également l’écriture de normes nord-américaines qui sont aujourd’hui reconnues comme les meilleures pratiques dans son domaine. Il est heureux d’avoir été témoin de l’évolution de ces projets et a beaucoup appris. Par-dessus tout, Jérémie s’amuse. Dans son équipe règne une super ambiance et selon lui, malgré les exigences de la technologie de pointe, malgré les tensions provoquées par la compétition entre équipes et le stress « c’est léger, parce qu’on donne un sens positif à tout ce que l’on fait. »

Jérémie Voix est heureux d’être un Ambassadeur ÉTS, et il souhaite profiter de cette tribune pour continuer à faire rayonner cette institution qu’il aime tant. Selon lui, il y aura d’énormes défis à relever en génie au cours des prochaines années et du rattrapage à faire dans plusieurs domaines. La recherche effectuée à l’ÉTS peut contribuer à apporter une meilleure compréhension du monde qui nous entoure. Il y aura certainement une place de choix pour le génie au Québec.